LES ÉCHELLES DE PLAN

Le plan est un bout de film entre deux raccords. Avant d’être cela, il est surtout un choix du réalisateur lors du tournage, pour déterminer quelles informations visuelles et/ou psychologiques il souhaite donner aux spectateurs. L’échelle des plans fait partie des techniques de base que tout réalisateur doit connaître. Il est essentiel de savoir quelle grandeur donner aux personnages, aux objets et aux éléments du décor, quelle proportion accorder aux sujets par rapport au cadre.

Il existe un très grand nombre de plans qui peuvent être regroupés en trois familles.

● Les plans larges (plan d’ensemble, plan  général…)  ont une vocation descriptive. Ils  situent généralement l’environnement dans  lequel se déroule l’intrigue. Ils permettent de  donner des informations sur le lieu, mais aussi bien souvent sur le moment de la journée, le  climat…

● Les plans moyens (plan américain, plan  rapproché…) montrent l’action. Les personnages ou objets en mouvement (voitures) prennent l’ascendant sur le décor. On se focalise ici sur leurs actions au sein de  l’espace, du lieu.

● Enfin, la dernière famille de plans regroupe ceux qui mettent en avant les personnages (gros plan, très gros plan…). Le but est  d’exposer aux spectateurs les réactions, les sentiments des personnages au cours de dialogues ou face aux événements de l’intrigue.

 

Découvrez ici les détails sur chaque type de plan (source : devenir-realisateur.com)

PLAN GÉNÉRAL

Le plan général a pour vocation principale de décrire un lieu, une ville, un paysage ou un champ de bataille. Il montre la totalité du décor afin de créer un contexte autour de l’action. Les personnages peuvent ponctuellement y être intégrés mais ils seront très petits, comme noyés. Le plan général doit durer suffisamment longtemps pour fournir toutes les informations que le réalisateur a voulu donner au spectateur. Il permet de donner l’ambiance, l’atmosphère du film ou d’une séquence.

De nombreux réalisateurs choisissent de commencer leurs films ou de nouvelles séquences avec un plan général afin de préparer le spectateur à l’intrigue en lui fournissant diverses informations. Il peut également être utilisé à la fin d’une séquence pour montrer une dernière fois ou se situe l’action avant de basculer vers un nouveau lieu. Dans ce cas là, le plan général ne sert plus vraiment à donner des informations au spectateur mais plutôt à lui donner de l’air, créer une coupure.

De façon plus atypique et ponctuelle, les réalisateurs peuvent utiliser le plan général pour autre chose que décrire. Ainsi, on peut très bien réussir à exprimer la solitude la solitude d’un personnage, qui est pourtant une émotion, à travers un plan général.

L’angle de vue est le plus souvent en plongée ou ordinaire.

PLAN D'ENSEMBLE

Le plan d’ensemble est très proche du plan général. Deux différences assez fréquentes : Il va se focaliser sur un lieu comme une rue ou une place et surtout les personnages seront suffisamment visibles pour que l’on comprenne leurs actions. Le contexte est cette fois-ci décrit à échelle humaine.

Il remplit donc une double fonction, décrire, bien sur, mais aussi commencer à montrer l’action. En plus de découvrir le lieu, le décor, l’atmosphère… On en saura plus sur les personnages : ou vont-ils, que font-ils, qui sont-ils ?

 Comme le plan général, le plan d’ensemble est fréquemment utilisé en début ou fin de séquence. Il peut être ponctuellement utilisé pour montrer des scènes d’action limitées à quelques personnages.

 La visée préconisée pour un plan d’ensemble est ordinaire ou en plongée.

PLAN MOYEN

Le plan moyen pose l’action et les personnages de façon plus significative que les plans larges. On y découvre un ou plusieurs personnages de la tête aux pieds ainsi que divers éléments du décor. Avec ce type de plan, le spectateur va vraiment se focaliser sur les personnages et leurs actions. Le décor ne donne plus que des informations secondaires. Le plan moyen permet réellement de distinguer un personnage de ce qui l’entoure, de se focaliser sur son aspect physique, son allure.

Le plan moyen peut servir pour de très nombreuses scènes comme l’introduction d’un personnage ou simplement pour montrer une action d’un protagoniste déjà connu. La durée du plan moyen est alors dépendante de la quantité d’informations que l’on souhaite communiquer au spectateur ou de l’importance du jeu d’acteur.

L’angle de vue le plus fréquemment utilisé est ordinaire et positionne l’horizon au niveau des yeux du personnage.

PLAN AMÉRICAIN

Avant de rentrer en détail sur ce plan en lui-même, parlons un peu d’histoire… Pourquoi parle-t-on de plan « américain » ? Tout simplement parce que ce sont les américains qui sont à l’origine de ce plan, qui s’est véritablement démocratisé dans les westerns. Les réalisateurs souhaitaient que le pistolet soit visible à la ceinture de leurs cowboys et cadraient donc en dessous de la ceinture, au niveau des cuisses. Il est maintenant très utilisé dans la plupart des films quel que soit le genre.

Le plan américain cadre donc les personnages à hauteur de cuisses. La principale conséquence de cela est que le jeu du personnage est clairement mis en avant. Le réalisateur n’a pas obligation de combler l’espace avec le décor ou un objet. Deux personnages peuvent facilement être cadrés côte à côte dans un plan américain. Cela s’avère donc très utile lors de dialogues si le réalisateur ne souhaite pas modifier constamment la position de sa caméra ou tout simplement pour intensifier l’action, rendre les gestes des personnages plus visibles.

PLAN RAPPROCHÉ

Il existe deux types de plans rapprochés. Le plan rapproché taille et le plan rapproché poitrine. Ils ont en commun de créer une certaine intimité avec le personnage, celui-ci parait accessible, voir même vulnérable. Ils mettent en avant ce que dit et fait un personnage sans trop se focaliser sur son jeu. L’objectif du plan rapproché est de comprendre, décrire, la psychologie et les émotions d’un personnage. L’attention du spectateur est porté sur le ou les regards, les expressions du visage.

Le plan rapproché taille cadre les personnages au niveau de la ceinture. L’accent est mis sur le personnage et ce qu’il dit ou fait sans pour autant oublier son corps. Certains éléments du décor apparaissent encore en arrière-plan pour situer le contexte.

Le plan rapproché poitrine sera perçu comme plus intime par le spectateur. Il cadre les personnages un peu en dessous les aisselles. L’accent n’est plus mis sur la partie haute du corps du personnage mais bien sur son visage. L’objectif est clairement de comprendre les intentions et la psychologie du personnage.

L’angle de vue privilégié est ordinaire et souvent subjectif (c’est-à-dire que l’on voit à travers les yeux d’un autre personnage).

GROS PLAN

Le gros plan est celui des émotions. Il cadre de près les visages, et permet de dévoiler les sentiments du personnage au spectateur. La moindre expression (regard, rictus…) sera apparente et interprétée par le spectateur. Cela pourra avoir pour effet de favoriser l’identification ou au contraire le rejet vis-à-vis d’un personnage.

Le gros plan isole le visage du personnage, en coupant celui-ci au niveau ou juste au-dessus des épaules.  Il est très souvent employé pour montrer, mettre en avant le regard du personnage, afin d’amener le spectateur à rentrer dans les pensées intimes de celui-ci.

Souvent utilisé dans les scènes de dialogue, le gros plan durera généralement moins longtemps que des plans plus larges. Il servira aussi à montrer la tristesse, la colère ou encore la surprise d’un personnage.

 Pour un gros plan sur un objet, on parlera plus communément de plan serré.

TRÈS GROS PLAN

Le très gros plan permet de montrer un détail précis d’un personnage, par exemple un doigt, un œil ou une cicatrice, qui prendra toute la surface de l’écran. Dans le cadre d’un objet, cela pourra être le cadran d’une horloge ou encore un titre ou article de journal. En général de très courte durée, il permet de focaliser l’attention sur un détail significatif pour l’intrigue ou pour identifier un personnage. Il permet également de montrer ce que l’œil ne peut pas forcément voir à échelle réelle. Le très gros plan peut ainsi donner une valeur symbolique à l’objet ou la partie du corps filmée ou alors créer une tension pour le spectateur, peu habitué à voir de cette manière ce que lui montre le plan.

Les utilisations du très gros plan sont nombreuses au cinéma. Il est généralement utilisé en introduction d’une séquence, pour créer une interrogation « Qui est-ce ? Ou est-ce ? ». Il est également fréquemment utilisé pour des raccords de transition entre deux autres plans

 Enfin, les grands réalisateurs savent l’utiliser dans des occasions inattendues, afin de créer une expérience unique, mais cela, ça ne s’explique pas, cela se vit directement à l’écran.

Retrouvez ici la vidéo de LovinpixTV sur les règles de cadrage, dans laquelle il est aussi question des objectifs à utiliser en fonction du plan que vous souhaitez réaliser.