La lumière
  • L'éclairage en vidéo

    Il existe plusieurs motivations à l'utilisation de l'éclairage. Ces motivations peuvent être d'ordre technique (quantité de lumière insuffisante, contraste trop accentué) et/ou d'ordre artistique (recherche d'une ambiance, personnalisation d'une scène, etc).

     

    Mais quelques soient les motivations, on cherche à mettre en valeur un sujet, à souligner ses formes, les sortir de l'ombre, voir à diminuer ou effacer certaines de ses caractéristiques. Une ou deux lumières vers le sujet peuvent-elles suffire dans ce cas ?

     

    En théorie, bien sûr, mais l'image se contente souvent d'être "lisible" au détriment du rendu et de son attraction. Pour tenter d'aller au-delà, d'obtenir une image plus persuasive et personnalisée, certains principes simples existent auxquels on peut toujours bien sûr ajouter son interprétation personnelle.

  • Une image est fabriquée par la lumière

    La lumière traverse l'objectif de la caméra vidéo pour atteindre une cible qui réagit à la lumière. L'information lumineuse va être transformée en information électrique.

  • Quelle lumière ?

    La lumière varie en quantité et en qualité. La quantité de lumière se mesure en Lux. La quantité de lumière joue sur deux paramètres :

     

         Sa dispersion :

    La lumière se répartit sur une échelle qui va de forte à douce. La lumière forte est très directionnelle et très concentrée, elle produit des ombres aux bordures nettes. C'est la lumière émise par une source unique, comme le soleil sans nuage en extérieur, ou un projecteur à faisceau lumineux concentré en intérieur.

     

         Sa température de couleur :

    Ce qui peut nous sembler "blanc" en fait varie beaucoup suivant une échelle allant d'une dominante bleue (lumière du jour en plein soleil) à une dominante jaune (lumière artificielle avec des lampes au Tungstène).

     

    Cette température se mesure en degré Kelvin. A chaque température correspond une dominante de couleur, en voici quelques exemples :

     

    Bougie : 1700°K (dominante orangée)

    Soleil levant ou couchant : 2000°K (dominante jaune orangée

    Lampe tungstène : 3200°K (dominante jaune)

    Midi dégagé : 5600°K (dominante tirant sur le blanc)

    Ciel voilé : 6500°K (dominante blanche)

    Ciel bleu ensoleillé : 10000°K (dominante bleue)

     

    Les caméras sont conçues pour s'adapter à la plupart des lumières existantes. C'est ce réglage que l'on effectue lorsque l'on fait la balance des blancs. Les caméras sont généralement équipées de deux filtres qui correspondent aux deux types de température les plus usuels : 5600°K (extérieur dégagé) ou 3200°K (lampes Tungstène).

  • L'éclairage

    Lorsque l'endroit à filmer n'est pas assez éclairé, il faut ajouter de la lumière. La méthode la plus simple consiste à jouer uniquement sur la quantité de lumière en rajoutant à la lumière ambiante un ou deux projecteurs. On "arrose" dit-on dans le jargon : c'est le principe du flash en photo ou des projecteurs vidéo grand public.

     

    Deux possibilités s'offrent à nous :

     

         Eclairage direct :

    L'image sera suffisamment lumineuse mais on accentue beaucoup le contraste entre les zones éclairées et les zones d'ombres. L'image sera "dure" ;

     

        Eclairage indirect :

    On dirige le projecteur sur un réflecteur (par exemple un plafond blanc). L'image sera plus douce mais risque d'être "à plat", sans contraste. De plus, ce système de réflexion nécessite une quantité de lumière très importante.

     

    Cette méthode d'éclairage qui ne joue que sur la quantité de lumière n'offre que des solutions de compromis. Un véritable travail d'éclairage consistera à jouer également sur la qualité de la lumière en cherchant à mieux la contrôler, à mieux la diriger.

  • Diriger la lumière : le principe des trois lumières

    Certains principes simples permettent d'obtenir de très bons résultats. Le principe de base de l'éclairage et le plus fréquemment utilisé, y compris pour des compositions complexes, est celui des trois lumières.

     

         Lumière de contre jour :

    Généralement, c'est celle que l'on place en premier. Placée derrière le sujet par rapport au point de vue de la caméra (il faut donc déjà avoir déterminé son cadre). Elle illumine les bords et souligne les contours, elle décolle le sujet du fond.

     

         Lumière principale :

    Elle peut être frontale (dans l'axe de la caméra) ou plus latérale (sur le côté). Utilisée de manière frontale, elle réduit au minimum et aplatit. Utilisée en latérale, elle révèle au maximum les reflets et la texture.

     

         Lumière d'ambiance :

    Elle vient compléter la lumière principale qui est une lumière dure et qui a tendance donc à présenter un contraste trop grand. La lumière d'ambiance peut : éclaircir des ombres provoquées par la lumière principale sans en créer de nouvelles, réduire certains contrastes ou des modèles excessifs, fournir des demi teintes qui viennent nuancer.

     

    A ces trois lumières, on pourra éventuellement rajouter une quatrième source qui permettra d'éclairer le fond du décor.

     

    La lumière des projecteurs généralement utilisés (type "mandarine" ou "blonde") étant relativement dure et directionnelle, on peut disposer un diffuseur devant les projecteurs : le spun.

  • L'éclairage mixte

    La plupart du temps, l'éclairage consiste à rajouter de la lumière dans un lieu déjà éclairé, soit par des fenêtres, soit par un éclairage artificiel. Il faudra donc tenir compte de la température de couleur de cette lumière ambiante.

     

    En général, on se retrouve face à trois types de situations :

     

        Eclairage par les fenêtres

    Lumière du jour à dominante tendant vers le bleu. On aura alors deux possibilités :

    - une gélatine bleue devant les projecteurs qui augmentera la température de couleur de ces projecteurs (de 3200°K à 5600°K). Pour la balance des blancs : filtre lumière du jour ;

    - des gélatines saumon devant les fenêtres qui vont faire baisser la température de couleur de la lumière provenant de ces fenêtres (de 5600°K à 3200°K. Pour la balances des blancs : filtre lumière artificielle.

     

         Eclairage par des lampes

    La température de lumière est équivalente à celle des projecteurs. La balance des blancs se fait avec le filtre en lumière artificielle.

     

         Eclairage par des néons

    Cet éclairage pose souvent des problèmes car la lumière d'un néon a une dominante verte. Il vaut mieux les éteindre et ne travailler qu'avec des projecteurs (quand c'est possible).